Le pouvoir de la respiration

La respiration est notre premier acte de vie, une action continue et inconsciente. Pourtant, nous oublions souvent sa valeur, et un souffle non maîtrisé peut générer de nombreuses maladies. Ma rencontre avec le yoga a été une révélation : elle m’a fait prendre conscience de la puissance du souffle sur le corps et l’esprit. Grâce à la pratique et aux techniques respiratoires, j’ai découvert des bienfaits profonds que j’ai choisi de vous partager avec amour dans cet article

Les mouvements physiques du souffle

Les mouvements d’inspirations et d’expirations sont réalisés par des mouvements automatiques du diaphragme. Ces mouvements sont indépendants de notre volonté, ils sont produits de manière inconsciente la plupart du temps. Ils continuent lorsque nous dormons, c’est d’ailleurs à ce moment-là que le corps ventile le mieux. Le tronc cérébral est responsable du contrôle de la respiration (il permet de la réguler), du rythme cardiaque, et de la température du corps. La ventilation pulmonaire se fait par l’action des muscles respiratoires. Le principal étant le diaphragme. La ventilation pulmonaire est à l’origine du renouvellement de l’air contenu dans les poumons. Elle comprend deux temps : l’entrée d’air dans les poumons lors de l’inspiration et la sortie de l’air lors de l’expiration. En moyenne, un être humain effectue environ 23 000 cycles respiratoires par jour (16 par minutes). Quotidiennement environ 12 000 litres d’air circulent dans le corps. 

Fonctionnement de la respiration dans notre corps

Ce sont les cellules du corps qui respirent l’air absorbé par nos narines, les poumons permettent uniquement de ventiler l’air qui rentre et qui sort de notre corps. On estime le nombre de cellules qui respirent entre 10 000 et 100 000 milliards !

Le principe de la respiration cellulaire est une réaction chimique appelée oxydo-réduction qui nécessite : 

  • Un carburant : il s’agit du glucose, d’acides gras ou d’autre molécules organiques (acides aminés, corps cétoniques), amenés par la nourriture ;
  • Un comburant, le dioxygène, amené par les ventilations.

Le glucose y est oxydé (brûlé) et le dioxygène réduit. Lors de la respiration cellulaire, la dégradation du glucose se fait grâce à des transferts d’électrons (ce qui libère l’énergie). Un électron de dioxygène capte un électron de glucose. La respiration cellulaire est donc une opération au niveau atomique étant donné qu’elle met en interaction des électrons. Cela crée de l’énergie et l’énergie est toujours atomique ! Les ventilations du corps et plus particulièrement de la respiration cellulaire sont responsables de la production de l’énergie nécessaire à toute existence et activités du vivant. 

Il y a quatre types de respirations : 

  • Respiration cutanée (par la peau) chez les vers, les grenouilles.
  • Respiration pulmonaire chez les oiseaux, les mammifères.
  • Respiration branchiale (par les branchies) pour les poissons, les crustacés.
  • Respiration trachéenne pour les insectes.

Ainsi l’ensemble du vivant dans l’univers, respire à l’aide de ces cellules qui libèrent des électrons et ainsi émettent une énergie atomique. Cette énergie nourrit ensuite les cellules et l’ensemble du corps. La respiration (prāṇa) véhicule cette nourriture spirituelle et physique, que les poumons se chargent de transporter et de ventiler.

L’air que nous respirons

Élément fondamental de l’univers, l’air associe principalement l’azote et l’oxygène pour former un fluide gazeux indispensable à la vie. Cet oxygène terrestre, absent des autres planètes, est né au Paléoprotérozoïque (il y a environ 2 milliards d’années) grâce à l’évolution de bactéries photosynthétiques et d’archéobactéries. ujourd’hui encore, la nature le régénère en permanence : les océans (via les cyanobactéries et les algues) en produisent 70 % et les plantes terrestres 30 %, garantissant l’oxygénation de nos cellules et de nos neurones.

A l’échelle de l’univers l’atome d’oxygène est le troisième élément le plus abondant après l’hydrogène et l’hélium. C’est l’élément le plus abondant du corps humain. Cet atome représente 65 % de la masse du corps humain, tandis que la molécule de dioxygène (O2) représente 21% de la masse de l’air sur la Terre. L’oxygène est un composant essentiel des molécules constituant tout être vivant : acides aminés, sucre, etc. Vient ensuite le carbone (présent dans la molécule de CO2). L’oxygène oxyde puis brûle ce combustible pour libérer de l’énergie. Enfin, l’hydrogène (formant la molécule H2​O) joue le rôle de médiateur : il tempère et oriente la combustion vers des molécules particulières, empêchant ainsi le corps de s’enflammer.

L’air que nous respirons est en fait l’expression de l’ensemble du vivant. Quand nous prenons conscience de cela, nous réalisons que c’est un miracle inestimable, qui se réalise quotidiennement. Nous ne sommes pas conscients de sa qualité qui permet l’existence de toutes sortes de vie sur terre. Le souffle nous rappelle sans cesse qu’il est l’origine de chaque création. C’est pourtant quelque chose que nous oublions sans cesse. 

La respiration en yoga

Précédemment nous avons vu que respirer est bon pour la santé. Cependant beaucoup de personnes respirent mal et néglige l’acte de respirer en conscience. Une bonne respiration est fondamentale pour la physiologie et la santé. La respiration complète (en trois phases, basse, moyenne et haute) permet une bonne oxygénation des tissus. Cette oxygénation contribue à leur alcalinisation. C’est intéressant étant donné que notre mode de vie et alimentation sont acidifiants. Rappelons que le siège de la respiration est la cellule. La respiration est possible grâce :

  • L’appareil respiratoire (fosses nasales, pharynx, larynx, trachée, bronches) qui est collecteur de l’oxygène.
  • Le système circulatoire transporte ensuite l’oxygène des poumons jusqu’aux cellules.

La respiration est en lien directe avec l’état émotionnel de chaque être humain. Nos émotions influent sur la respiration. Si nous développons une respiration fluide, longue et subtile, le mental se calme jusqu’à devenir prêt pour la méditation. Dans la Hatha Yoga Pradīpikā (ch. 2.2), il est dit : 

« Lorsque le souffle est agité, l’esprit et agité. Lorsque le souffle est immobile, l’esprit est immobile, le yogin atteint la fixité. C’est pourquoi l’on doit arrêter(discipliner) le souffle. »

L’importance du souffle dans les traditions yogiques est la source de la création de la nature et du corps humain. Le fait que les yogis ont placé le souffle au centre de leur pratique, coïncide parfaitement avec l’analyse scientifique moderne. Si on prend l’exemple de la méditation, l’attention portée sur le souffle nous permet de réaliser que nous ne sommes pas si lourd, à l’inverse de nos sensations ressenties au quotidien. Si nous installons une pratique méditative régulière, la vie en général et la nôtre en particulier, deviennent bien moins lourdes à vivre. 

Les textes affirment que le contrôle et la régulation du souffle (notamment par le prāṇāyāma) permettent de vivre plus longtemps et en meilleure santé. L’être humain a un nombre de respirations définies depuis sa naissance environ 21 600 respirations par jour, ce qui lui permettrait d’atteindre les cent ans. S’il dépasse ce nombre de respiration journalière à cause du stress, de perturbations, de maladies, sa durée de vie diminuera. C’est ce contrôle du souffle que nous allons essayer de comprendre dans la suite de ce mémoire. Il serait intéressant, pour ceux qui le souhaite de pouvoir rallonger son espérance de vie grâce à une respiration consciente et régulée. 

On appelle Prāṇā. l’énergie du souffle, ou la circulation du souffle dans le corps en yoga.

« La première et la plus caractéristique des fonctions vitales est un pouvoir de combustion, d’animation. La vie n’existe qu’en dévorant, en consommant la matière et la vie, en la transformant en énergie. Cette fonction est remplie dans l’homme par la respiration (prāna) mais aussi par la digestion (prāna a les deux sens). Ce pouvoir est en relation avec l’élément Feu. » Alain Danielou, dans Le Destin du monde.

Cette une citation d’Alain Danielou permet de clôturer cet article et amener la notion de Prānā, nous la developperons dans un autre article.


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